Antipolis / Nina Léger

Livre

Léger, Nina (1988-....). Auteur

Edité par Editions Gallimard. Paris - 2022

Dans les années 1960, le polytechnicien Pierre Laffitte parvient enfin à lancer le chantier de Sophia-Antipolis, une ville nouvelle consacrée à la recherche, dont le nom vient de sa femme Sophie, exilée russe. Cinquante ans plus tard, le projet immobilier que porte Sonia, qui a grandi là, se heurte à la contestation de descendants de harkis, car le site est l'ancien camp de La Bouillide.

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Avis

Avis des professionnels

  • L'équipe des ludo-bibliothécaires 5/5

    Le troisième roman de Nina Léger est le récit de la fondation d’une ville, Sophia-Antipolis, première technopole d’Europe. C’est d’abord l’histoire d’un amour, entre : Pierre Lafitte, polytechnicien et ingénieur de l’Ecole des Mines, et de Sofia Glikman-Tourmakine, issue de la noblesse juive de Kyiv, docteure en lettres orientales, spécialiste de la littérature russe et qui mettra en œuvre le service slave de la Bibliothèque nationale de France. Puis c’est le récit d’un rêve, d’une utopie, celle de construire une cité sur un territoire prétendument vierge, justement sans histoire. Pierre Laffitte écrira pour le journal Le Monde une tribune dans laquelle il appelle à la construction d’une ville sans précédent, une ville du futur, de la sagesse et des sciences, qui soit l’accomplissement d’un idéal, qui susciterait la modernité et témoignerait du progrès. Il désigne quelques campagnes proches de Paris, les environs d’Etampes, d’Orléans, de Montargis. Mais comme vous le savez, ce sera dans le Sud de la France, à Antibes, sur le plateau du village de Valbonne, que cette ville prendra forme et elle portera le nom de la femme aimée : Sophia-Antipolis. Et c’est aussi l’histoire d’un passé enfoui, car le territoire que l’on pensait vierge de toute vie ne l’est pas. Car sur cet emplacement il y avait un hameau de forestage, c’est la dénomination administrative d’un camp de harkis qui, pour construire cette ville rêvée, sera rayé de la carte et des mémoires, qui devra disparaître pour enfin apparaître dans les consciences. Car lorsque Pierre Lafitte demande ce qui existait avant sur ce territoire, on lui répond qu’il n’y avait rien, absolument rien, mais qu’il y aurait tout. Dans ce très beau texte, Nina Léger qui, de prime abord avait la modeste ambition d’écrire uniquement sur un lieu, a réussi à mener une brillante enquête vaste et riche. En remontant à la source de la création de Sophia-Antipolis, elle découvre un vertige, comment écrire sur cette histoire, la présence des harkis, ce qui fait fondamentalement la nature de cette ville, sans s’arroger leur point de vue. C’est un immense travail de mémoire, c’est un hommage aux harkis. David / Médiathèque André Malraux

    L'équipe des ludo-bibliothécaires - Le 06 avril 2022 à 13:57